Falluja, capitale du Califat, après la défaite cinglante de l’Irak pro-iranien

samedi 4 janvier 2014, par  Al Qaïda en Irak et Syrie

La victoire la plus significative d’Al Qaïda dans la guerre en Syrie s’est accomplie, cette semaine, là où ne l’attendait pas : sur la scène irakienne.

Après avoir conquis la plus importante ville de l’Ouest de l’Irak, la branche locale d’al Qaïda a proclamé Falluja capitale du 1er Califat du Moyen-Orient.

Sa branche irakienne et syrienne (ISIS) sous le commandement d’Abu Bakr al-Baghdadi, a défait, de manière retentissante l’armée irakienne, qui a lancé, il y a deux semaines, une offensive majeure pour soulager le pays de l’emprise jihadiste. Les troupes de Baghdadi se sont montrées capables de repousser les 7ème et 1ère divisions, les meilleures de l’armée irakienne et de poursuivre par la conquète de vastes portions de Ramadi et Fallouja, les villes centrales sunnites de l’Ouest et du Centre de l’Irak.

A Qaïda serait en train de mettre en pièce les régiments irakiens de la contre-offensive, présents à Baqouba, dans l’Est de la province de Dyala.

Cette victoire donne la possibilité à l’ISIS de forger une chaîne de continuité territoriale sous son contrôle , qui va de Ramadi, dans le centre de l’Irak, à 110 kms de Bagdad, jusqu’à la totalité de la route allant vers la ville d’Al-Raqqah, au nord-Est de la Syrie, à 160 kms d’Alep. Elle stoppe nette l’offensive militaire irakienne. Les Soldats ont déposé les armes et fuit et les unités encore intactes ont commencé à reculer vers Bagdad, en se débarrassant de leurs armes lourdes pour hâter leur retraite.

Les sources militaires de Debkafile mentionnent qu’Al Qaïda doit l’essentiel de sa victoire à la décision des tribus sunnites de l’Ouest de l’Irak de le rejoindre en devenant le fer de lance de sa contre-offensive contre les forces irakiennes. Après avoir détruit la totalité des unités irakiennes dans les deux villes, ces milices tribales ont ouvert la porte aux Jihadistes de l’ISIS pour s’y déployer.

Ironie de l’histoire, ces milices tribales appuyant Al Qaïda sont ces mêmes groupes « de l’Eveil de l’Anbar » que l’Armée américaine a soutenues et armées dans la bataille pour éradiquer Al Qaïda de l’Ouest de l’Irak, au cours du tournant de la campagne du « Sursaut » (le Surge ) en 2005-2007, conçue par le Général David Petraeus.

Le vent du Sursaut a clairement tourné en faveur d’Al Qaïda. L’effondrement de l’armée d’Irak est le pire qu’elle ait subit depuis l’invasion américaine du pays, en 2003 , et le plus grand triomphe d’al Qaïda sur le champ de bataille, à la suite duquel son Chef Al-Baghdadi a promis de proclamer le premier Califat du Moyen-Orient, qui s’étire entre l’Ouest de l’Irak et l’Est de la Syrie.

Ce revirement de situation a de nombreuses conséquences cruciales :

1.  Il n’existe aucune force militaire dans la région capable de pénétrer en Irak et de stopper l’avancée d’Al Qaïda, qui a pu se produire, comme conséquence directe du retrait précipité de l’Armée américaine du pays, il y a trois ans.

2.   Les entreprises hasardeuses d’al Qaïda, en Syrie, au Liban et dans la Péninsule du Sinaï égyptien ont reçu un coup de pouce déterminant. Les filières du Sinaï, en particulier, sont en contact étroit avec Al Baghdadi.

3.  La jonction entre ces groupes exacerbe la menace terroriste qui se resserre autour d’Israël, la Jordanie et l’Arabie Saoudite.

4.  Le Jabhat al Nusra, le bras armé d’Al Qaïda en Syrie vient d’acquérir une profondeur stratégique en Irak. On s’attend à ce que son dirigeant Mohammad al-Julani (Golani) annonce, sous peu, que son mouvement va se joindre au nouvel Etat islamiste.

5.  Une fusion des branches irakiennes et syriennes d’al Qaïda pourrait entraîner l’instauration d’un sanctuaire propice aux groupes islamistes sympathisants de tout le Moyen-Orient.

6.  La victoire de l’ISIS en Irak représente un revers humiliant pour Téhéran , qui a lourdement soutenu l’offensive de l’armée irakienne, conduite par son premier ministre pro-iranien, Nouri Al Maliki, afin de purger le pays de la présence violente d’al Qaïda.

7. Les Etats-Unis , par leur décision d’envoyer des armes à l’armée irakienne, du fait de son engagement contre al Qaïda, se sont, une nouvelle fois, vus démontrer qu’il soutenait le camp des perdants.

8.  L’armée irakienne a épuisé toutes ses réserves dans cette offensive. Sa seule option restante, à présent, est de se retrancher dans Bagdad et de se regrouper pour défendre la capitale.

9.  Pour le Président Bachar al Assad et son allié du Hezbollah, Hassan Nasrallah, la débâcle de l’armée irakienne représente la pire nouvelle qui soit. Elle les surprend à revers au moment crucial de la guerre en Syrie. Alors qu’ils gagnaient progressivement l’avantage contre le mouvement rebelle, les voilà confrontés à un nouveau théâtre de guerre contre al Qaïda, revigoré par sa victoire en Irak.

DEBKAfile Reportage Exclusif  3 janvier 2014, 12:54 PM (IDT)

debka.com

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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sans commentaire :) surtout que la source est purement sionniste.